Archives pour la catégorie LES HUMEURS D’OLIVIER

PENSEZ À VOS PERSONNAGES

Où suis-je ?

Je me réveille confortablement assis sur un h les pieds posés sur le o devant moi. Je regarde autour de moi et comprends que je me trouve au milieu d’un chocolat !

Je me lève malgré moi !

C'est Donald qui se lève de son lit tout endormi

Je ne contrôle pas mon corps, que se passe-t-il ?     

« Olivier avale son chocolat d’un seul coup, bondit vers la porte et court attraper son bus. »

Cela ne va pas être possible, j’ai horreur du chocolat et du bus.

Je ne suis qu’un pantin désarticulé !

Le personnage se cogne sur un point d'exclamation !

« Olivier saute dans le bus, il se dirige vers le fond se jette sur la banquette ! »

Je cours, je saute, je trébuche et je    « OUILLE », mais qui a mis un point d’exclamation ici ? Je me suis cogné la tête dessus.

Sur un coup de tête !

Un renard qui plonge dans la neige

« Olivier décide de ne pas aller bosser, il descend du bus et prend la direction de la plage. Seul sur le sable, il retire ses vêtements et plonge nu dans les vagues. »

Oh là ! Pas si vite. Il n’est pas question que je me baigne à poil. Je ne suis ni un nudiste, ni un exhibitionniste ! Non, j’ai dit non ! A mon dieu qu’elle est froide. Il est début avril, pas étonnant que je sois seul sur la plage, surtout à huit heures et demi du matin. Je vais attraper la mort !

C’est pas terminé !

« Olivier sort de l’eau, heureux, il se sent totalement libre. Il s’approche de ses vêtements lorsqu’il prend conscience qu’il n’a pas de serviette ! Il se demande »

Je me demande quoi ? ET OH ! JE ME DEMANDE QUOI ? Mais il s’en va, il va me laisser tout nu sur cette plage. CA VA PAS LA TÊTE, JE SUIS LÀ ! C’est bien ma chance, d’être tombé sur un auteur qui n’a pas de suite dans les idées.

MORALITÉ DE CETTE HISTOIRE !
L'auteur qui s'en va et quitte son récit.

Cher ami auteur, chère amie autrice, je vous en supplie, pensez à vos personnages. Si vous devez précipitamment arrêter votre écriture, prenez le temps quoi qu’il arrive de finir votre phrase. Ne laissez pas votre personnage dans cette situation, vous risquez de le traumatiser pour la suite de votre roman. Merci pour lui.

ALTERCATION !

Çà commence bien !

Une vieille machine à écrire pour symboliser le travail de l'auteur.

Je suis en pleine écriture d’une scène importante de mon roman. Mon personnage principal se retrouve dans une église pour un enterrement. Un de ses amis vient de mourir. Il assiste à la cérémonie religieuse.

Curieux pressentiment !

Il se trouve assis près de la femme du défunt. Son esprit vagabonde et il n’arrive pas à fixer son attention. Aucune parole prononcée ne le ramène dans cette église.

Quelle mouche le pique ?

C'est un homme qui est pris d'un fou rire lors d'un enterrement à l'église

C’est le moment de la bénédiction du corps. Il se lève comme un automate et lorsqu’il se retrouve devant le cercueil, il se met à rire ! Un fou rire qu’il ne peut contenir.

Quelques jours se sont passés !

Un matin, je décide de ne pas rejoindre mon ami Azerty pour relire ce que j’ai écrit ces derniers jours. J’arrive à l’église !

Je n’en crois pas mes yeux !
C'est un homme qui est surpris par cequ'il voit. Il n'en croit pas ses yeux !

Pourquoi mon personnage se conduit aussi mal. Non seulement il est pris d’un fou rire ignoble vu les circonstances mais il entraîne avec lui une partie de l’assistance. Les pleurs de son amie n’y changent rien.

Violente dispute !

Je suis tellement étonné de ce que je lis, que je me surprends à m’adresser directement à mon personnage pour lui dire ma façon de penser sur son attitude.

Il me tient tête !

Non seulement il a l’audace de me tenir tête mais par dessus le marché il refuse de changer d’attitude.

Deux hommes qui se font face et qui se disputent

Qui c’est le chef ?

Je décide de clore cette discussion et reprend mon clavier pour récrire cette scène malgré les protestations de mon personnage.

Rien ne va !

Épuisé par cette altercation, je prends un peu de distance ( je recule ma chaise de plus de 20 cm !). Je suis désespéré, la scène que je viens de refaire ne ressemble à rien. Elle est totalement insipide et sans saveur.

J’apercois un léger sourire !
Un homme qui abore un sourire narquois

Mon personnage s’est assis sur une page blanche. Il me regarde en arborant un sourire de vainqueur. Je dois reconnaître qu’il n’a pas tord !

C’est complètement fou ! L’auteur ne peut même pas avoir le dernier mot lors d’une dispute avec son personnage.

MAIS DANS QUEL MONDE ECRIVONS-NOUS !

LE CAUCHEMAR DE CHAQUE LECTEUR !

Cher lecteur, chère lectrice !

Nous ne nous connaissons pas, mais sachez que je suis de tout cœur avec vous dans ces moments si difficiles.

Chère lectrice, tu viens de t’asseoir sur la banquette orange de ton métro quotidien. Tu ranges ton pass navigo et ouvre ton pass de bien être. A la lecture des premiers mots, ton esprit vagabonde hors de ce wagon.

Cher lecteur, tu viens de te coucher, tu t’installes confortablement et tu saisis ton livre. A la lecture des premiers mots, tu quittes cette chambre douillette.

Chère lectrice, tu es Valentine, cette petite provençale qui est venue à New York pour retrouver l’homme qu’elle aime. Elle déambule seule au milieu des buildings, désespérément seule.

Cher lecteur, tu marches seul dans le désert pour fuir ton passé de tueur. Tu n’attends plus rien de la vie.

Chère lectrice, tu ralentis ta lecture au maximum. Tu sais qu’il est là mais tu refuses de le voir. Tu ne peux pas l’éviter, tu es piégée !

Cher lecteur, tu ressens un malaise, ton cœur s’accélère. Malgré tout tes efforts, tu te rapproches inexorablement de cette tragédie.

Chère lectrice, tu passes de lectrice à témoin de meurtre. Il vient encore de frapper. Ta valentine est morte, tu te retrouves seule sur la banquette, le bruit de la rame devient assourdissant, les odeurs nauséabondes te donnent envie de vomir.

Cher lecteur, tu as quitté précipitamment le désert et tu te retrouves seul dans ton lit. Tu regardes ton réveil et constate qu’il ne te restes que quatre heures de sommeil. Malgré l’heure avancée, tu lui en veux, d’avoir tué ton héros devant tes yeux.

Depuis des millénaires, il tue systématiquement tous les personnages. Il est sans pitié, il ne rate jamais sa cible. Chère lectrice, cher lecteur, tu restes le seul survivant et tu dois affronter la réalité totalement seul. Depuis la nuit des temps, le point final assassine ton imagination et rien n’y personne ne pourra l’en empêcher même pas l’auteur.

Homme Femme la dualité de l’auteur.

Je ressens depuis mon adolescence l’envie d’écrire un livre. J’ai essayé plusieurs fois, mais chacune de mes tentatives s’arrêtait net au bout de quelques pages. Plus d’une trentaine d’années ont passé avant de concrétiser mon rêve.

J'imagine !

Le processus de création chez moi suit toujours le même chemin. Un sujet s’impose à moi naturellement. Très vite, la fin de l’histoire prend forme dans mon esprit suivi de son début et du titre. Ce cheminement se fait exclusivement dans ma tête, je n’écris rien, je l’imagine, je le vis ! Il se met toujours en route lorsque j’arrive vers la fin de l’écriture du roman en cours.

Beaucoup de questions explosent dans mon esprit au moment de commencer l’écriture. C’est un moment délicat à gérer. Mon défi est de répondre à chacune d’elles sans me perdre dans ce dédale de doutes qui envahit mon cerveau. Parmi toutes ces interrogations, l’une d’elles concerne mes ou mon personnage féminin.

J’attaque enfin l’écriture et je couche les mots sur le papier tel un musicien le fait avec les notes sur sa partition. Je suis très surpris de la fluidité de mon écriture. Les mots se succèdent naturellement. Mais lorsque j’entreprends de créer un personnage féminin, je me pose à nouveau des questions.

Madame Doubfire.

Il ne s’agit pas de parler d’une femme mais de s’exprimer en tant que femme. Le risque est de se mettre à la place de la femme en tant qu’homme au lieu d’être femme naturellement. L’auteur doit mettre de côté, oublier les rapports hommes femmes dans la société, parfois son éducation pour être capable de changer de sexe tout au long de son écriture. L’auteur doit être légitime pour être crédible.

Sans faire de la psychologie de comptoir, il est reconnu que chaque homme a la naissance possède une part de féminité. Le milieu social, l’éducation façonne ou détruit celle-ci au fur et à mesure des années. A la lecture de mes romans, plusieurs lectrices m’ont fait des retours très positifs concernant la personnalité et la profondeur de mes personnages hommes et femmes. Je devrais être rassuré sur la légitimité de mes personnages feminins. Mais, je dois vous l’avouer, j’ai un sujet de roman depuis des années qui met en scène le destin de trois femmes et je n’ose pas encore coucher des mots sur le papier. Cette dualité n’est pas si facile à écrire !

LES ASTUCES D’OLIVIER !

Nous allons voir dans cette série d’articles les différentes étapes que craint particulièrement un auteur. Pour y remédier, je vous donne trois astuces essentielles et jamais divulguées pour franchir au mieux chaque étape.

LA FAMEUSE PEUR DE LA PAGE BLANCHE !

J’ai une idée formidable de livre, j’ai imaginé déjà le héros principal et je connais aussi la fin. Bon, il n’y a plus qu’à commencer. Lorsque je suis seul devant mon écran d’ordinateur avec cette page blanche et vierge de word, mon esprit est en mode pause. Tout mon système de pensée est bloqué. Ce blanc m’oppresse !

PREMIER CONSEIL

Grâce aux technologies d’aujourd’hui, vous pouvez changer la couleur de la page et mettre un fond bleu par exemple plus rassurant.

Monsieur, j’ai imaginé une histoire qui se passe à la montagne pendant l’hiver. Le bleu me gêne pour réfléchir !

Dans ce cas, restons sur le blanc et essayons une autre solution.

DEUXIÈME CONSEIL

Ne vous préoccupez pas de faire des phrases bien construites. Ecrivez tout ce qui vous passe par l’esprit sans aucune retenue.

Extrait Muriel Robin : le noir.

Ne nous décourageons pas ! Nous allons trouver une solution. Deux secondes je réfléchis !

Désolé cela prend un peu de temps, je n’ai pas trop l’habitude !

EURÊKA ! J’AI TROUVÉ. Pour dominer la peur de la page blanche je vous invite à suivre mon dernier conseil.

TROISIÈME CONSEIL.

Vous m’avez dit que vous connaissez la fin de votre histoire, alors il faut commencer par écrire ce que vous maîtriser, c’est à dire écrire la fin de votre histoire.

C’est fait Monsieur !

JE SUIS AU BOUT DU ROULEAU. LAISSEZ TOMBER LE PAPIER. L’AVENIR C’EST LE LIVRE AUDIO !

L’AUTEUR ET LE SYNDROME DU MAGNIFIQUE!

Vous n’avez jamais entendu parler du syndrome du magnifique ? Pourtant, je suis presque certain que vous l’avez déjà vu !

Je commence cet article par un petit indice !

Vous avez deviné ?

Bien entendu, vous avez reconnu Jean Paul Belmondo dans le film le Magnifique. Je ne peux pas résister à vous proposer la bande annonce.

Le syndrome du Magnifique ?

Que l’auteur qui n’a jamais créé un personnage à l’image d’un membre de sa famille, d’un ami, d’une connaissance professionnelle ou de lui-même me jette la première pierre.

Heureusement pour moi, j’avais raison, vous l’avez presque tous connu ce syndrome du Magnifique. Quel pouvoir extraordinaire !

Deux causes distinctes sont à l’origine de ce syndrome.

La première : L’auteur crée un personnage et pense à une personne réelle pour importer une partie de son caractère ou de son physique. Le personnage est totalement fictif mais une partie de lui fait partie d’un être humain. Cela permet à l’auteur de mieux gérer les réactions du personnage s’il a copié les traits de caractère d’un proche ou de mieux se l’imaginer, de l’ancrer dans sa mémoire descriptive s’il a « photocopié » son physique. Mais cette caractéristique du syndrome peut aussi se retrouver chez toute autre personne qu’un auteur.

Prenons comme exemple : Votre femme vous fait un compliment car vous venez de terminer de passer l’aspirateur ! ( Pardonnez-moi, Mesdames, mais faites un effort pour imaginer la scène !)

AVANT LE COMPLIMENT
APRES LE COMPLIMENT : SYNDROME DU MAGNIFIQUE !

Intéressons-nous maintenant à l’autre origine du syndrome.

La deuxième : L’auteur décide pour des raisons diverses d’intégrer une de ses connaissances dans son récit. Soit pour une raison positive ou bien entendu négative. Rappelez-vous l’écrivain joué par Jean Paul Belmondo qui passait son temps à insérer son entourage et lui-même dans ses écrits. Contrairement à la première, vue précédemment, l’auteur va aménager sa création, son récit pour intégrer au mieux cette personne. La plupart du temps, lorsqu’il s’agit d’une fiction, l’auteur brouille les cartes pour qu’il soit le seul à reconnaitre le personnage qui vient du monde des vivants. Ce syndrome provoque chez l’auteur des moments de fortes exaltations. Ecrire une scène d’amour torride en mettant en scène l’être aimé ! Créer une femme horrible, méchante que le lecteur haïra forcément et qui n’est en réalité que sa propre belle-mère!

Vous l’aurez compris, ce syndrome du Magnifique est très répandu et pas seulement dans le milieu littéraire. J’espère qu’à la lecture de cet article, vous aurez envie de partager votre expérience ou votre avis sur le sujet.

Pour cette fois, je vais signer cet article par une photo de moi.

SYNDROME OU PAS SYNDROME A VOTRE AVIS ?

QUAND LE LECTEUR INFLUENCE L’AUTEUR.

DUO PARFOIS DIFFICILE A GÉRER !

Rassurez-vous je ne vais pas aborder le thème de la Muse qui guide l’auteur au fil des mots. C’est un sujet beaucoup traité et souvent d’une très belle écriture poétique. Non, je vais aborder un point particulier et très concret.

Prenons comme exemple, si vous le voulez bien, le cas d’un auteur encore méconnu mais qui gagnerait à l’être, je vous l’assure : Moi !

J’ai décidé de mettre de côté ma modestie légendaire pour vous dévoiler mon côté obscur, mon côté auteur !

Comme de l’œuf et de la poule, je ne sais pas si j’ai commencé par être un lecteur ou un auteur, tant que j’ai l’impression d’avoir toujours écrit. Je souhaiterais aborder la période de ma vie ou j’ai pris la décision de me lancer dans l’écriture de romans. Lorsque pour la première fois, mon imagination me dictait une histoire, que mon esprit vagabondait de page en page, j’ai ressenti une chose curieuse et troublante. Mon inconscient, parfois très difficile à cerner, je l’admets, m’ordonna de ne pas ouvrir d’autres livres que celui que je tentais d’écrire. Mon Moi-auteur, n’hésitait pas une seconde à censurer mon Moi-lecteur. Mon Moi- lecteur en fut contrarié et tenta de se révolter, mais rien à faire, mon Moi-auteur resta inflexible et comme n’importe quel dictateur de base, ordonna que toute lecture sera totalement interdite jusqu’au moment ou mon Moi-auteur inscrira le mot Fin à son œuvre.

POURQUOI UNE TELLE CENSURE ?

En toute franchise, je ne comprenais pas pourquoi je m’interdisais de lire pendant la conception de mon propre livre. Trop heureux, je l’avoue de réaliser mon rêve : écrire un roman ! Que je décidais d’éviter le conflit intérieur et de ce fait j’ai accepté l’ordonnance de mon Moi auteur. Là aussi, si je veux être tout à fait franc avec vous, j’étais tellement absorbé par mon écriture que je ne ressentais pas l’envie de lire une autre histoire que la mienne. Lorsque j’ai fini mon roman, MON DERNIER VOL, j’ai abordé la phase de correction dans la foulée. J’ai connu une période de récupération, un peu comme celle que connaissent les astronautes après un voyage dans l’espace. Mon esprit et même mon corps avaient besoin d’un temps de réadaptation à la vie quotidienne. Lorsque celle-ci fût terminée, une envie presque vitale s’imposait : LIRE !

MON MOI-AUTEUR ET MON MOI-LECTEUR ONT FINI PAR S’AFFRONTER !

Très vite, une idée jusque là bien enfouie au chaud dans un coin de mon esprit, m’explosa en pleine figure un matin d’hiver ! Mon deuxième roman UN AUTRE MONDE venait de naître. J’ai repris le chemin des écoliers et les premiers mots se couchaient sur l’écran de mon ordinateur. J’organisais mes journées pour permettre à mon imagination de s’exprimer au mieux. Cependant lorsque j’ai commencé l’écriture de mon deuxième roman, j’étais en pleine lecture d’un roman qui me passionnait. Mon Moi-lecteur refusa catégoriquement d’abandonner sa lecture. Cette fois-ci, il prit le dessus et obtient gain de cause. Je naviguais entre lecture et écriture et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Où pas !

Très prolifique, j’écrivais plusieurs chapitres de mon roman lorsqu’un matin en arrivant devant mon ordinateur, mon Moi-auteur m’agrippa violemment pour m’obliger à relire ce que je venais d’écrire depuis quelques jours. Mon Moi-lecteur tenta de s’y opposer mais en vain. Devant l’insistance grandissante de mon Moi-auteur, je décidai de me relire. C’est ce jour-là que j’ai compris la signification de l’expression « se prendre une claque ».

Je découvrais avec effroi que les mots écrits sur ces pages ne m’appartenaient pas ! Ils n’étaient qu’une pâle imitation du roman que je lisais ! Mon Moi-auteur hurla qu’il m’avait prévenu que je devais m’interdire de lire pendant la conception de mon roman. Mon Moi-lecteur m’affirma que par la lecture, je pourrai enrichir mon vocabulaire, développer mon style, devenir un meilleur auteur. Ce conflit dura plusieurs jours et bien entendu je n’écrivais plus un mot et n’en lisais pas plus. Après une longue période de doute, j’ai réussi à me transformer en diplomate. J’ai réuni mes deux Moi e je leur ai fait part de mes conclusions.

  • Mes chers Moi, j’ai bien réfléchi et suis arrivé à la conclusion suivante. Vous avez tous les deux raisons ! Je dois me résoudre, à l’évidence, que je ne peux pas lire pendant que je crée au risque d’accoucher d’une vulgaire copie de ma lecture. Mais il est tout aussi vrai, que sans lecture, je ne pourrai pas évoluer en tant qu’auteur et en tant qu’homme tout simplement. J’ai donc décidé que vous êtes tous les deux indispensables à mon équilibre et à mon évolution. Afin que vous puissiez exister l’un et l’autre, vous interviendez l’un après l’autre. Ma décision est irrévocable !

Depuis ce jour, mes Moi-auteur et lecteur, cohabitent tant bien que mal. Ils doivent chacun leur tour savoir faire preuve de tolérance et d’une grande patience. Je suis conscient que cet équilibre peut sembler curieux et inhabituel, mais après tout le principal n’est-t-il pas de trouver son équilibre et d’accepter ses différences pour approcher le bonheur !

Et c’est très bien ainsi…

LE KAIROS, PAS FACILE À VIVRE !

Avant c’est trop tôt, après c’est trop tard !

Le concept du Kairos est le temps du moment opportun. Il qualifie un intervalle, ou une durée précise, importante, voire décisive.

Dans mon roman Mon dernier vol, mon personnage principal est un adepte du Kairos. Il sait mieux que quiconque être au bon endroit au bon moment. Mais est-ce vraiment lui qui maîtrise le Kairos où une tierce personne qui le dirige ? Qui n’a pas rêvé de maîtriser le Kairos ?

Photo de Taryn Elliott sur Pexels.com

Un auteur de fiction prend plaisir à maîtriser le concept du Kairos. Il peut changer à volonté la destinée de ses personnages par une action, une rencontre, une décision prise au bon moment. Il peut également mettre ses personnages en difficulté, en les laissant passer à côté de l’opportunité qui se présente à eux. L’auteur est le maître du temps ! Il peut maîtriser mieux que quiconque le présent puisqu’il connaît le futur ! L’auteur dessine les chemins de la vie de ses personnages même si parfois ces derniers le surprennent à changer de destination malgré lui. J’ai toujours été fasciné du décalage qui existe entre le personnage qui évolue, qui découvre sa vie de page en page et l’auteur qui écrit le présent de son personnage par connaissance de son futur.

Être à l’heure pour vivre au présent !

Dans notre vie quotidienne, il nous serait tellement plus facile de maîtriser le concept du Kairos si nous avions une idée précise de notre avenir. Vivre dans le présent, profiter de la vie sans se soucier de l’avenir, carpe diem quand tu nous tiens ! Est-ce que vivre dans le présent permet à coup sûr de vivre le Kairos ? Pas forcément ! Prendre la bonne décision au bon moment dépend surtout de l’état d’esprit ou même de l’état physique dans lequel nous nous trouvons. Un simple mal de dents peut nous conduire à écourter une soirée dans laquelle nous aurions pu faire la Rencontre, si nous étions restés comme convenu. Ce qui est déroutant dans le Kairos, c’est que nous n’en sommes pas forcément conscients lorsqu’il se produit. C’est souvent plusieurs jours, mois et même années que nous réalisons l’importance du moment vécu.

Le Kairos se moque du passé, apparaît furtivement dans le présent et bouleverse le futur ! Quelques secondes s’emparent du reste de notre vie. C’est une arme redoutable que l’auteur a en sa possession. C’est une arme redoutée qui peut se retourner contre nous, lorsque nous n’y prêtons pas attention.

En conclusion : Le Kairos, pas facile à vivre !

Le lien pour visionner une vidéo sur France Culture.

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DIFFUSÉ LE 03/03/2020

Qu’est-ce que le «kairos» ?

LE JOURNAL DE LA PHILOpar Géraldine Mosna-Savoye

Article paru dans le journal de la philo sur France Culture.

Le terme «kairos» a été employé par un médecin en confrontation avec Emmanuel Macron ; mais à quoi renvoie le concept philosophique du kairos, d’où vient-il et comment l’utiliser ?

khairos
khairos• Crédits : Getty

J’ai été interpellée par un mot, et ce mot, c’est «kairos». Fascinée par ce concept philosophique qui désigne l’occasion à saisir – et qu’on croise peu en dehors des salles de classe, des livres d’Aristote – il a été employé par un médecin face à Emmanuel Macron, alors le Président s’était rendu à La Pitié-Salpêtrière au tout début de l’épidémie de Covid-19. 

  • Que veut dire le terme «kairos» et à quel moment l’employer ?
  • En parler, n’est-ce pas déjà le manquer ? 

Définition du «kairos» ou la source des ruminations 

Qu’est-ce que le «kairos» ? L’occasion est assez rare pour la saisir et pour se demander ce qu’il veut dire. Habituellement, le «kairos» désigne le bon moment, d’instant T ou d’opportunité à saisir. Ces définitions sont des paraphrases qui font penser à des publicités pour des marques de sport ou à des slogans pour faire des placements financiers, des avancements de carrière. 

Certes, le terme de «kairos» a quelque chose de l’opportunisme, étant par définition «le temps de l’occasion opportune». En creusant un peu, on rencontre d’ailleurs très vite son opposé, le temps linéaire, «chronos». Et l’«aion», ou le temps très long de la génération, de l’ère, qui touche à la destinée, voire à l’éternité.

À côté, il y a donc ce «kairos», ponctuel, cet instant plein de promesses, qui ne se prévoit pas, ne s’installe pas, mais tient à l’acuité de chacun pour le saisir sur le moment sous peine qu’il disparaisse instantanément et définitivement. Pour moi, le kairos, c’est d’ailleurs plutôt ça : la source de toutes ces ruminations coupables qu’on a dans son lit, ou qu’Emmanuel Macron a peut-être lui aussi dans son lit, quand on se dit avant de s’endormir : «pourquoi je n’ai pas dit ça ?» ou «j’aurais dû faire ça». 

La situation est donc paradoxale. Parler de «kairos», y réfléchir, pousser l’autre à le saisir, n’est-ce pas déjà trop tard ? Qu’il s’agisse de sa vie ou de l’hôpital, n’est-ce pas déjà une défaite, le signe de l’occasion ratée ?

Comment prendre le temps de saisir le «kairos» ? 

Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote consacre plusieurs pages à la prudence, cette vertu qui permet de faire des choix éclairés dans des circonstances particulières, à un endroit donné, à un instant T, dans une situation de «kairos» donc. 

La prudence ou «phronésis» en grec porte sur les choses singulières, par opposition à la sagesse théorique qui porte sur les objets universels. Relevant en premier lieu d’un art politique, elle concerne ainsi l’action, mais d’abord la délibération. 

Et c’est une chose que je n’ai jamais comprise : si le «kairos» est le moment opportun, a-t-on le temps de délibérer ? A-t-on vraiment le loisir de tergiverser, d’écouter les points de vue, de les confronter, de les équilibrer et d’en faire une synthèse ? L’agenda politique qu’on dit intense, l’est-il assez pour traiter les urgences comme celles de l’hôpital public ? 

Ce problème est précisément temporel : a-t-on le temps de cultiver la prudence et de devenir un expert, rapide et efficace, dans l’art de saisir les occasions ? Car les choses singulières étant singulières, on ne peut les prévoir, on ne peut pas user du raisonnement qu’on a dans les sciences… alors comment faire ? Y a-t-il un art, pas seulement politique, mais aussi des exercices permettant d’apercevoir les opportunités pour mieux les attraper et les traiter ?

La «justesse de coup d’œil», un instant éphémère

C’est vrai que certains moments s’annoncent de fait comme des moments clés, des tournants : ce sont par exemple des élections ou des décisions à prendre. Politiques, mais aussi existentiels. Comment prendre la bonne décision à ces moments-là ? Comment saisir ce «kairos», comment savoir d’ailleurs s’il s’agit vraiment d’un «kairos» ou juste d’un petit événement, pour donner une orientation nouvelle à notre existence ?

En lisant ce livre VI de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote, je suis alors tombée sur la mention de cette faculté, la «justesse de coup d’œil» ou vivacité d’esprit, sorte de divination qui se passe du raisonnement. Et ça m’a rassuré, pas pour l’hôpital, mais pour moi : le «kairos» m’est alors apparu comme un moment que l’on saisit comme ça, magiquement. Il n’y a pas des occasions que j’aurais ainsi bêtement ratées, seulement des occasions que j’aurais laissées passer. 

Pourquoi les rencontres dans la fiction sont-elles différentes de celles de la vie réelle ?

Différentes en quoi ?

Bien entendu, je conçois qu’il existe plusieurs raisons à cette différence ou bien au contraire, estimer que les rencontres des personnages de romans sont identiques à celles que nous connaissons dans notre vie.

Pour ma part, lorsque je me suis posé cette question, j’ai cherché pourquoi je pensais naturellement qu’il existait une différence. En tant qu’auteur, j’imagine mon personnage dans son ensemble et c’est au fil de l’écriture que ce dernier évolue, parfois même à ma grande surprise. Dans mon premier roman Mon dernier vol, Philippe, le personnage principal, va connaître une succession de rencontres improbables qui vont le bouleverser et le faire douter. Lorsque je quitte mon clavier d’ordinateur pour redevenir un lecteur, je remarque également que les personnages des romans que je lie, ont eux aussi vécus des rencontres importantes dans leurs histoires.

Les rencontres en fiction sont souvent importantes, vitales, fulgurantes, décisives, presque toujours déterminantes pour l’avenir du personnage qui l’a faite. Une rencontre brève, de deux ou trois pages simplement marquera profondément le personnage. Dans la fiction, les personnages ont cette faculté d’écouter, d’échanger, de remarquer l’autre. Dans la fiction, être à l’écoute de l’autre est souvent naturel. Même si la vie m’a permis de faire des rencontres inoubliables et qui ont effectivement changé le cours de ma vie. Je reconnais que la plupart du temps, je suis passé à côté des gens sans y prêter un quelconque intérêt.

Pour quelle raison, les rencontres entre personnages de fiction sont-elles plus intenses, plus décisives?

L’amour avec un grand A

Je retiendrai deux raisons principales.

La première est due à mon sens à un espace temps qui est différent de la vie réelle. Plus condensé pour les besoins de l’écriture, les personnages enchaînent les rencontres et ces dernières par « obligation » sont plus intenses.

Mais la raison qui m’intéresse le plus est la suivante. Les personnages d’un roman qui se rencontrent pour la première fois ont TOUJOURS un point commun capital pour leurs relations.

Ce point commun est : L’AUTEUR.

L’auteur pour les besoins de son intrigue décide de faire rencontrer deux personnages. Tout une palette de sentiments s’offre à lui. Du coup de foudre à la haine viscérale, des dizaines de possibilités sont alors à sa disposition. Cette rencontre est toujours intense pour l’un des personnages ou les deux si besoin. Ces personnages sont façonnés par l’auteur qui choisit une rencontre constructive ou destructive pour ses héros. Il façonne les seconds rôles pour qu’ils puissent interagir avec le personnage principal. Dans la fiction, l’inconnu n’existe pas en réalité puisque l’auteur contrôle les deux parties.

L’auteur les a réunis !

Dans notre quotidien, le paramètre qui paralyse la plupart de nos rencontres est justement l’inconnu ! Cet inconnu que l’être humain n’apprécie pas, voir même le tétanise à cause de cette peur qu’il engendre. Beaucoup de rencontres sont avortées par cette peur.

Dans la fiction, un personnage lorsqu’il en rencontre un autre, est à la merci du désir de l’auteur. Dans la vie réelle, lorsque vous faites une rencontre, vous êtes à la merci de votre moi intérieur. La même rencontre avec les deux même personnes sera totalement différente suivant le moment ou elle se produit.

En conclusion.

Les rencontres dans la fiction sont construites par l’auteur. Pas de place pour le hasard, les personnages sont des pièces de jeux d’échecs manipulées par l’auteur. Dans la vie réelle, le hasard prend sa revanche et brouille les cartes. A moins que nous soyons manipulés nous aussi, mais par qui ? C’est peut-être la question d’un prochain article !

 

 

La mort est-elle la fin de tout ?

Pourquoi devrais-je vivre sans toi ?

J’aborde dans mon LIVRE  » MON DERNIER VOL  » le thème de la perte d’un être cher. Thématique très utilisée depuis des siècles dans les arts en général. Alors pourquoi ce sujet ? Parce que, je me pose cette question depuis très longtemps :  » Peut-on garder des contacts avec un proche décédé ?  » Je ne parle pas des séances de spiritisme ( esprit es-tu là ?) que je ne critique pas, car je ne pratique pas cette approche. Non, j’aborde ces échanges au quotidien entre les deux personnes, le vivant et le mort. Comment expliquer ces impressions de présence du défunt à nos côtés ? Comment croire aux échanges verbaux entre les deux êtres ? Le personnage Philippe dans « Mon dernier vol » est un homme en sursis. Sa fiancée a disparu lors d’un accident d’hélicoptère. Il ne peut se résoudre à vivre sans elle. Il décide d’élaborer un plan méticuleux pour la rejoindre. Des éléments naturels inexplicables vont retardé son plan. Commence alors une lutte sans merci entre la vie et la mort. Il va faire des rencontres improbables et merveilleuses qui vont le faire douter. Dans ce livre, j’aborde la possibilité qu’il existe une porte, un passage entre le monde des vivants et celui des morts.

Et vous, qu’en pensez vous ? Avez-vous vécu une expérience qui laisse à penser que cette porte existe ? Où, croyez vous que la mort est la fin de tout ?