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QUE PUIS-JE VOUS ÉCRIRE ?

En tant qu’auteur de cet article, il est de mon devoir, de tout faire pour susciter votre intérêt où mieux encore votre satisfaction !

Dois-je écrire mon article à la première personne du singulier pour vous offrir une partie de moi ? Mon JE sera-t-il suffisamment convainquant pour obtenir en échange un peu de ton TU ?

Je devrais peut-être aborder un thème plus général. Écrire tout en douceur, des généralités bienveillantes afin de plaire au plus grand nombre.

Où alors, tout au contraire, écrire sur un sujet bouillant de l’actualité. Prendre position, si possible à contre courant, pour donner l’occasion à mes lecteurs de partager leurs avis sur la question au risque de provoquer des retours explosifs.

Puis je avoir confiance en ta culture, mon cher lecteur, pour écrire en langage soutenu cet article. Exercice fort périlleux, pensais-je ! Non pas que je doute de tes aptitudes, mais je n’en ai malheureusement aucun concernant les miennes !

Pour être de mon temps, je devrais glisser quelques grossièretés, voir même quelques vulgarités. Être sans filtre, être percutant, ne pas tourner autour du sujet. Appeler une chatte, une chatte ! Où tout autre animal bien entendu.

Écrire une romance, que de plus agréable que de conjuguer l’amour avec un grand A. Mais si je veux surfer sur la tendance de ces dernières années, je devrais écrire l’amour avec un grand D ! Ne m’interdir aucun fantasme, emporter mes lecteurs au plus profond de leurs désirs ! Devenir le roi incontesté de la Dark romance ! Mais je dois te l’avouer, ami lecteur, que je préfère nettement faire l’amour que de l’écrire !

Il serait vraiment incroyable que mon article puisse t’intéresser alors qu’il ne fait qu’explorer les différentes pistes pour arriver à t’intéresser ! Si c’est le cas, n’hésites pas à me le faire savoir, je te serai très reconnaissant. Cher lecteur, chère lectrice, si tu en arrives à lire ces derniers mots, je te remercie de m’avoir consacré quelques secondes de ta vie !

RETOURS DE LECTURE !

Votre livre est enfin terminé

Animation de pages d'un livre qui se tournent

Après plusieurs mois de galère, tu viens d’écrire le point final de ton roman. Tu as envie de le partager auprès de tes proches.

Qu’en pense-tu maman ?

Une maman surprise par ce qu'elle voit

C’est incroyable mon chéri, où as-tu retrouvé cette dissertation ? Je ne m’en souviens pas. Tu devais être en cinquième avec Madame Greffier, elle avait le don de vous donner des sujets débiles.

Ne t’inquiètes pas, l’avis des parents n’est pas toujours objectif. Essaye avec un bon ami.

Salut François, qu’en as tu pensé ?

Un homme embarrassé

Euh, j’ai commencé, mais je n’ai pas eu le temps de finir. J’ai trouvé le début génial : « Un mensonge impardonnable. » C’est le titre oui je sais, mais je n’ai pas eu le temps de finir comme je viens de te le dire.

Ce n’est pas grave, il n’a pas eu le temps de finir. Demande à ta petite amie.

Ma puce, qu’en as-tu pensé ?

Jeune femme qui est très heureuse

Mon amour, c’est génial, j’ai ADORÉ ! L’histoire est dingue et les personnages sont super attachants. Je t’assure, je ne te le dis pas parce que je t’aime, mais c’est une super idée. Tu devrais en faire un livre.

A ce stade de la situation, il te reste deux solutions. La première consiste à changer de vie, part loin de tes parents, de tes amis et quitte ta fiancée pour des horizons nouveaux. La deuxième serait de relire ton roman à tête reposée et de voir ce que tu pourrais améliorer.

Tu me demandes si je peux le lire pour te donner mon avis. Franchement cela aurait été avec grand plaisir, mais je viens à l’instant de terminer mon article. Désolé !

PENSEZ À VOS PERSONNAGES

Où suis-je ?

Je me réveille confortablement assis sur un h les pieds posés sur le o devant moi. Je regarde autour de moi et comprends que je me trouve au milieu d’un chocolat !

Je me lève malgré moi !

C'est Donald qui se lève de son lit tout endormi

Je ne contrôle pas mon corps, que se passe-t-il ?     

« Olivier avale son chocolat d’un seul coup, bondit vers la porte et court attraper son bus. »

Cela ne va pas être possible, j’ai horreur du chocolat et du bus.

Je ne suis qu’un pantin désarticulé !

Le personnage se cogne sur un point d'exclamation !

« Olivier saute dans le bus, il se dirige vers le fond se jette sur la banquette ! »

Je cours, je saute, je trébuche et je    « OUILLE », mais qui a mis un point d’exclamation ici ? Je me suis cogné la tête dessus.

Sur un coup de tête !

Un renard qui plonge dans la neige

« Olivier décide de ne pas aller bosser, il descend du bus et prend la direction de la plage. Seul sur le sable, il retire ses vêtements et plonge nu dans les vagues. »

Oh là ! Pas si vite. Il n’est pas question que je me baigne à poil. Je ne suis ni un nudiste, ni un exhibitionniste ! Non, j’ai dit non ! A mon dieu qu’elle est froide. Il est début avril, pas étonnant que je sois seul sur la plage, surtout à huit heures et demi du matin. Je vais attraper la mort !

C’est pas terminé !

« Olivier sort de l’eau, heureux, il se sent totalement libre. Il s’approche de ses vêtements lorsqu’il prend conscience qu’il n’a pas de serviette ! Il se demande »

Je me demande quoi ? ET OH ! JE ME DEMANDE QUOI ? Mais il s’en va, il va me laisser tout nu sur cette plage. CA VA PAS LA TÊTE, JE SUIS LÀ ! C’est bien ma chance, d’être tombé sur un auteur qui n’a pas de suite dans les idées.

MORALITÉ DE CETTE HISTOIRE !
L'auteur qui s'en va et quitte son récit.

Cher ami auteur, chère amie autrice, je vous en supplie, pensez à vos personnages. Si vous devez précipitamment arrêter votre écriture, prenez le temps quoi qu’il arrive de finir votre phrase. Ne laissez pas votre personnage dans cette situation, vous risquez de le traumatiser pour la suite de votre roman. Merci pour lui.

ALTERCATION !

Çà commence bien !

Une vieille machine à écrire pour symboliser le travail de l'auteur.

Je suis en pleine écriture d’une scène importante de mon roman. Mon personnage principal se retrouve dans une église pour un enterrement. Un de ses amis vient de mourir. Il assiste à la cérémonie religieuse.

Curieux pressentiment !

Il se trouve assis près de la femme du défunt. Son esprit vagabonde et il n’arrive pas à fixer son attention. Aucune parole prononcée ne le ramène dans cette église.

Quelle mouche le pique ?

C'est un homme qui est pris d'un fou rire lors d'un enterrement à l'église

C’est le moment de la bénédiction du corps. Il se lève comme un automate et lorsqu’il se retrouve devant le cercueil, il se met à rire ! Un fou rire qu’il ne peut contenir.

Quelques jours se sont passés !

Un matin, je décide de ne pas rejoindre mon ami Azerty pour relire ce que j’ai écrit ces derniers jours. J’arrive à l’église !

Je n’en crois pas mes yeux !
C'est un homme qui est surpris par cequ'il voit. Il n'en croit pas ses yeux !

Pourquoi mon personnage se conduit aussi mal. Non seulement il est pris d’un fou rire ignoble vu les circonstances mais il entraîne avec lui une partie de l’assistance. Les pleurs de son amie n’y changent rien.

Violente dispute !

Je suis tellement étonné de ce que je lis, que je me surprends à m’adresser directement à mon personnage pour lui dire ma façon de penser sur son attitude.

Il me tient tête !

Non seulement il a l’audace de me tenir tête mais par dessus le marché il refuse de changer d’attitude.

Deux hommes qui se font face et qui se disputent

Qui c’est le chef ?

Je décide de clore cette discussion et reprend mon clavier pour récrire cette scène malgré les protestations de mon personnage.

Rien ne va !

Épuisé par cette altercation, je prends un peu de distance ( je recule ma chaise de plus de 20 cm !). Je suis désespéré, la scène que je viens de refaire ne ressemble à rien. Elle est totalement insipide et sans saveur.

J’apercois un léger sourire !
Un homme qui abore un sourire narquois

Mon personnage s’est assis sur une page blanche. Il me regarde en arborant un sourire de vainqueur. Je dois reconnaître qu’il n’a pas tord !

C’est complètement fou ! L’auteur ne peut même pas avoir le dernier mot lors d’une dispute avec son personnage.

MAIS DANS QUEL MONDE ECRIVONS-NOUS !

Homme Femme la dualité de l’auteur.

Je ressens depuis mon adolescence l’envie d’écrire un livre. J’ai essayé plusieurs fois, mais chacune de mes tentatives s’arrêtait net au bout de quelques pages. Plus d’une trentaine d’années ont passé avant de concrétiser mon rêve.

J'imagine !

Le processus de création chez moi suit toujours le même chemin. Un sujet s’impose à moi naturellement. Très vite, la fin de l’histoire prend forme dans mon esprit suivi de son début et du titre. Ce cheminement se fait exclusivement dans ma tête, je n’écris rien, je l’imagine, je le vis ! Il se met toujours en route lorsque j’arrive vers la fin de l’écriture du roman en cours.

Beaucoup de questions explosent dans mon esprit au moment de commencer l’écriture. C’est un moment délicat à gérer. Mon défi est de répondre à chacune d’elles sans me perdre dans ce dédale de doutes qui envahit mon cerveau. Parmi toutes ces interrogations, l’une d’elles concerne mes ou mon personnage féminin.

J’attaque enfin l’écriture et je couche les mots sur le papier tel un musicien le fait avec les notes sur sa partition. Je suis très surpris de la fluidité de mon écriture. Les mots se succèdent naturellement. Mais lorsque j’entreprends de créer un personnage féminin, je me pose à nouveau des questions.

Madame Doubfire.

Il ne s’agit pas de parler d’une femme mais de s’exprimer en tant que femme. Le risque est de se mettre à la place de la femme en tant qu’homme au lieu d’être femme naturellement. L’auteur doit mettre de côté, oublier les rapports hommes femmes dans la société, parfois son éducation pour être capable de changer de sexe tout au long de son écriture. L’auteur doit être légitime pour être crédible.

Sans faire de la psychologie de comptoir, il est reconnu que chaque homme a la naissance possède une part de féminité. Le milieu social, l’éducation façonne ou détruit celle-ci au fur et à mesure des années. A la lecture de mes romans, plusieurs lectrices m’ont fait des retours très positifs concernant la personnalité et la profondeur de mes personnages hommes et femmes. Je devrais être rassuré sur la légitimité de mes personnages feminins. Mais, je dois vous l’avouer, j’ai un sujet de roman depuis des années qui met en scène le destin de trois femmes et je n’ose pas encore coucher des mots sur le papier. Cette dualité n’est pas si facile à écrire !

QUAND LE LECTEUR INFLUENCE L’AUTEUR.

DUO PARFOIS DIFFICILE A GÉRER !

Rassurez-vous je ne vais pas aborder le thème de la Muse qui guide l’auteur au fil des mots. C’est un sujet beaucoup traité et souvent d’une très belle écriture poétique. Non, je vais aborder un point particulier et très concret.

Prenons comme exemple, si vous le voulez bien, le cas d’un auteur encore méconnu mais qui gagnerait à l’être, je vous l’assure : Moi !

J’ai décidé de mettre de côté ma modestie légendaire pour vous dévoiler mon côté obscur, mon côté auteur !

Comme de l’œuf et de la poule, je ne sais pas si j’ai commencé par être un lecteur ou un auteur, tant que j’ai l’impression d’avoir toujours écrit. Je souhaiterais aborder la période de ma vie ou j’ai pris la décision de me lancer dans l’écriture de romans. Lorsque pour la première fois, mon imagination me dictait une histoire, que mon esprit vagabondait de page en page, j’ai ressenti une chose curieuse et troublante. Mon inconscient, parfois très difficile à cerner, je l’admets, m’ordonna de ne pas ouvrir d’autres livres que celui que je tentais d’écrire. Mon Moi-auteur, n’hésitait pas une seconde à censurer mon Moi-lecteur. Mon Moi- lecteur en fut contrarié et tenta de se révolter, mais rien à faire, mon Moi-auteur resta inflexible et comme n’importe quel dictateur de base, ordonna que toute lecture sera totalement interdite jusqu’au moment ou mon Moi-auteur inscrira le mot Fin à son œuvre.

POURQUOI UNE TELLE CENSURE ?

En toute franchise, je ne comprenais pas pourquoi je m’interdisais de lire pendant la conception de mon propre livre. Trop heureux, je l’avoue de réaliser mon rêve : écrire un roman ! Que je décidais d’éviter le conflit intérieur et de ce fait j’ai accepté l’ordonnance de mon Moi auteur. Là aussi, si je veux être tout à fait franc avec vous, j’étais tellement absorbé par mon écriture que je ne ressentais pas l’envie de lire une autre histoire que la mienne. Lorsque j’ai fini mon roman, MON DERNIER VOL, j’ai abordé la phase de correction dans la foulée. J’ai connu une période de récupération, un peu comme celle que connaissent les astronautes après un voyage dans l’espace. Mon esprit et même mon corps avaient besoin d’un temps de réadaptation à la vie quotidienne. Lorsque celle-ci fût terminée, une envie presque vitale s’imposait : LIRE !

MON MOI-AUTEUR ET MON MOI-LECTEUR ONT FINI PAR S’AFFRONTER !

Très vite, une idée jusque là bien enfouie au chaud dans un coin de mon esprit, m’explosa en pleine figure un matin d’hiver ! Mon deuxième roman UN AUTRE MONDE venait de naître. J’ai repris le chemin des écoliers et les premiers mots se couchaient sur l’écran de mon ordinateur. J’organisais mes journées pour permettre à mon imagination de s’exprimer au mieux. Cependant lorsque j’ai commencé l’écriture de mon deuxième roman, j’étais en pleine lecture d’un roman qui me passionnait. Mon Moi-lecteur refusa catégoriquement d’abandonner sa lecture. Cette fois-ci, il prit le dessus et obtient gain de cause. Je naviguais entre lecture et écriture et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Où pas !

Très prolifique, j’écrivais plusieurs chapitres de mon roman lorsqu’un matin en arrivant devant mon ordinateur, mon Moi-auteur m’agrippa violemment pour m’obliger à relire ce que je venais d’écrire depuis quelques jours. Mon Moi-lecteur tenta de s’y opposer mais en vain. Devant l’insistance grandissante de mon Moi-auteur, je décidai de me relire. C’est ce jour-là que j’ai compris la signification de l’expression « se prendre une claque ».

Je découvrais avec effroi que les mots écrits sur ces pages ne m’appartenaient pas ! Ils n’étaient qu’une pâle imitation du roman que je lisais ! Mon Moi-auteur hurla qu’il m’avait prévenu que je devais m’interdire de lire pendant la conception de mon roman. Mon Moi-lecteur m’affirma que par la lecture, je pourrai enrichir mon vocabulaire, développer mon style, devenir un meilleur auteur. Ce conflit dura plusieurs jours et bien entendu je n’écrivais plus un mot et n’en lisais pas plus. Après une longue période de doute, j’ai réussi à me transformer en diplomate. J’ai réuni mes deux Moi e je leur ai fait part de mes conclusions.

  • Mes chers Moi, j’ai bien réfléchi et suis arrivé à la conclusion suivante. Vous avez tous les deux raisons ! Je dois me résoudre, à l’évidence, que je ne peux pas lire pendant que je crée au risque d’accoucher d’une vulgaire copie de ma lecture. Mais il est tout aussi vrai, que sans lecture, je ne pourrai pas évoluer en tant qu’auteur et en tant qu’homme tout simplement. J’ai donc décidé que vous êtes tous les deux indispensables à mon équilibre et à mon évolution. Afin que vous puissiez exister l’un et l’autre, vous interviendez l’un après l’autre. Ma décision est irrévocable !

Depuis ce jour, mes Moi-auteur et lecteur, cohabitent tant bien que mal. Ils doivent chacun leur tour savoir faire preuve de tolérance et d’une grande patience. Je suis conscient que cet équilibre peut sembler curieux et inhabituel, mais après tout le principal n’est-t-il pas de trouver son équilibre et d’accepter ses différences pour approcher le bonheur !

Et c’est très bien ainsi…