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L’AUTEUR : UN IMPATIENT QUI SE SOIGNE

Chers auteurs, chères autrices n’avez-vous jamais ressenti une réelle impatience lors de l’écriture de votre roman ?

Je m’adresse à ceux qui comme moi, tape sur leur clavier d’ordinateur avec deux doigts ( parfois trois ou quatre mais jamais à jeun !!!). Votre cerveau projette l’action en cours, mais vous avez toujours un métro de retard sur votre écran. Franchement vous sentez monter cette impatience, quand vais-je enfin pouvoir terminer d’écrire ce que j’ai en tête.

LA CORRECTION

Encore un grand moment pour l’auteur. Mon chef-d’œuvre est enfin terminé. Je vais faire une petite correction et je vais pouvoir le faire lire. Cela va être un jeu d’enfant, d’autant plus que je me suis acheté Antidote et d’après ce qu’il est écrit sur le mode d’emploi, il détecte toutes les fautes en un temps record ! Je m’empresse de rentrer mon premier chapitre dans ce logiciel et effectivement en moins d’une minute, il m’affiche les erreurs. Le résultat est 885 fautes orthographiques, 58 fautes de syntaxes, 67 fautes de conjugaison etc… Après trois jours de prise de tête, j’ai à peu près fini mon premier chapitre. Mon roman est découpé en 34 chapitres ! Je pleure ! Je n’aurais jamais la patience de faire tout ce travail et pourtant !

LA LECTURE DU ROMAN

Mon roman est corrigé au mieux et je décide de le donner à lire à mes proches. Dans le même temps, je suis abonné à des groupes de lectures sur Facebook et je vais le proposer gratuitement pour espérer avoir des lecteurs inconnus. Bingo ! J’ai cinq personnes qui veulent bien le lire. Je m’empresse de l’envoyer par Messenger. Tout le monde se fout de moi, cela fait deux jours que j’ai distribué mon roman et personne ne m’a encore donné son avis. Vous l’avez compris, l’impatience qui concerne les premiers retours de lecture est très grande.

LA MAISON D’EDITION

Après des retours de lecture encourageants, je décide d’envoyer mon manuscrit à une maison d’édition. Super, je reçois un mail de confirmation de réception quarante huit heures après. A partir de là, commence une période que seul un auteur peut connaître. La notion de temps pour une maison d’édition n’est absolument pas la même que pour celle d’un l’auteur. Mon roman doit passer dans les mains d’un comité de lecture composé de plusieurs personnes. Chacune d’entre elle doit lire le livre et faire un retour. Plusieurs mois se passent ! Première victoire, il obtient la majorité d’avis positifs et passe maintenant en comité rédactionnel. C’est reparti pour une longue, très longue attente ! L’auteur au début scrute ses mails tous les jours, puis toutes les semaines. Son moral descend petit à petit à chaque fois qu’il lit sur les réseaux sociaux un auteur qui affiche ( souvent d’une manière très cruelle pour les autres auteurs en attente d’édition !) son bonheur total car il vient de signer un contrat d’édition ! L’impatience de l’auteur pendant cette attente n’a qu’un seul point positif. A force de tourner en rond, il fait chaque jour ses 10000 pas qui le maintiennent en bonne santé.

LE SAINT GRAAL !

Il arrive enfin, ce mail tant espéré ! Mon roman est accepté par la maison d’édition. Mon livre va enfin sortir au grand jour, dans toutes les librairies de France et de Navarre. Levy, Musso, attention j’arrive ! Je prends mon téléphone et appelle tous mes proches pour leur annoncer cette merveilleuse nouvelle. Je m’entraîne à signer mon nom d’auteur pour mes futures dédicaces. Dans ce merveilleux mail reçu, la directrice me propose un rendez-vous téléphonique afin d’échanger avant la signature du contrat. Nous sommes le 17 octobre 2022 à 14H ! Mon portable sonne, je décroche et entend pour la première fois la voix de mon éditrice. Après une présentation mutuelle, elle m’explique que si je signe ce dit contrat, je dois accepter de faire un travail approfondi de réécriture et de correction. Lorsque je lui demande ce qu’elle entend par là, elle m’explique que mon histoire peut être largement améliorée en reprenant cette dernière ligne à ligne ! Elle m’explique tout le bien de ce travail nécessaire pour obtenir un livre de qualité et satisfaire au mieux mes futurs lecteurs. Je comprends, j’accepte et demande à quelle date mon livre sera édité. Si tout se passe bien, il est prévu de le sortir en février 2024!

QUELQUES ASTUCES POUR TENIR LE COUP !

Personnellement, je pratique certaines disciplines qui me font le plus grand bien. Je vous en donne quelques unes :

  • Je marche pendant une trentaine de kilomètres!
  • Je respire si profondément que parfois j’ai du mal à remonter !
  • Je visualise mon livre présent dans les vitrines de mon libraire!
  • Je mange un en-cas toutes les demie-heures !
  • J’éteins mon portable et le rallume deux minutes après ( c’est déjà bien !)
  • Je regarde une vidéo d’un humoriste pour rire, sourire, bref passer le temps !
  • J’invite mes amis pour me changer les idées et leur parler que de mon livre !
  • Et enfin, je pratique la posture de l’Aigle au Yoga. Elle consiste à se tenir debout fléchi sur une jambe avec l’autre croisée par dessus. Position radicale, car à chaque fois que je la pratique, je me casse la figure et tombe lourdement sur le sol. Résultat, je m’endors aussitôt dans un sommeil réparateur!
MAINTENANT JE SUIS UN AUTEUR PATIENT, CERTES !

MAIS JE N’ATTENDRAIS PAS DES HEURES POUR LIRE VOS COMMENTAIRES !

QUE PUIS-JE VOUS ÉCRIRE ?

En tant qu’auteur de cet article, il est de mon devoir, de tout faire pour susciter votre intérêt où mieux encore votre satisfaction !

Dois-je écrire mon article à la première personne du singulier pour vous offrir une partie de moi ? Mon JE sera-t-il suffisamment convainquant pour obtenir en échange un peu de ton TU ?

Je devrais peut-être aborder un thème plus général. Écrire tout en douceur, des généralités bienveillantes afin de plaire au plus grand nombre.

Où alors, tout au contraire, écrire sur un sujet bouillant de l’actualité. Prendre position, si possible à contre courant, pour donner l’occasion à mes lecteurs de partager leurs avis sur la question au risque de provoquer des retours explosifs.

Puis je avoir confiance en ta culture, mon cher lecteur, pour écrire en langage soutenu cet article. Exercice fort périlleux, pensais-je ! Non pas que je doute de tes aptitudes, mais je n’en ai malheureusement aucun concernant les miennes !

Pour être de mon temps, je devrais glisser quelques grossièretés, voir même quelques vulgarités. Être sans filtre, être percutant, ne pas tourner autour du sujet. Appeler une chatte, une chatte ! Où tout autre animal bien entendu.

Écrire une romance, que de plus agréable que de conjuguer l’amour avec un grand A. Mais si je veux surfer sur la tendance de ces dernières années, je devrais écrire l’amour avec un grand D ! Ne m’interdir aucun fantasme, emporter mes lecteurs au plus profond de leurs désirs ! Devenir le roi incontesté de la Dark romance ! Mais je dois te l’avouer, ami lecteur, que je préfère nettement faire l’amour que de l’écrire !

Il serait vraiment incroyable que mon article puisse t’intéresser alors qu’il ne fait qu’explorer les différentes pistes pour arriver à t’intéresser ! Si c’est le cas, n’hésites pas à me le faire savoir, je te serai très reconnaissant. Cher lecteur, chère lectrice, si tu en arrives à lire ces derniers mots, je te remercie de m’avoir consacré quelques secondes de ta vie !

RETOURS DE LECTURE !

Votre livre est enfin terminé

Animation de pages d'un livre qui se tournent

Après plusieurs mois de galère, tu viens d’écrire le point final de ton roman. Tu as envie de le partager auprès de tes proches.

Qu’en pense-tu maman ?

Une maman surprise par ce qu'elle voit

C’est incroyable mon chéri, où as-tu retrouvé cette dissertation ? Je ne m’en souviens pas. Tu devais être en cinquième avec Madame Greffier, elle avait le don de vous donner des sujets débiles.

Ne t’inquiètes pas, l’avis des parents n’est pas toujours objectif. Essaye avec un bon ami.

Salut François, qu’en as tu pensé ?

Un homme embarrassé

Euh, j’ai commencé, mais je n’ai pas eu le temps de finir. J’ai trouvé le début génial : « Un mensonge impardonnable. » C’est le titre oui je sais, mais je n’ai pas eu le temps de finir comme je viens de te le dire.

Ce n’est pas grave, il n’a pas eu le temps de finir. Demande à ta petite amie.

Ma puce, qu’en as-tu pensé ?

Jeune femme qui est très heureuse

Mon amour, c’est génial, j’ai ADORÉ ! L’histoire est dingue et les personnages sont super attachants. Je t’assure, je ne te le dis pas parce que je t’aime, mais c’est une super idée. Tu devrais en faire un livre.

A ce stade de la situation, il te reste deux solutions. La première consiste à changer de vie, part loin de tes parents, de tes amis et quitte ta fiancée pour des horizons nouveaux. La deuxième serait de relire ton roman à tête reposée et de voir ce que tu pourrais améliorer.

Tu me demandes si je peux le lire pour te donner mon avis. Franchement cela aurait été avec grand plaisir, mais je viens à l’instant de terminer mon article. Désolé !

PENSEZ À VOS PERSONNAGES

Où suis-je ?

Je me réveille confortablement assis sur un h les pieds posés sur le o devant moi. Je regarde autour de moi et comprends que je me trouve au milieu d’un chocolat !

Je me lève malgré moi !

C'est Donald qui se lève de son lit tout endormi

Je ne contrôle pas mon corps, que se passe-t-il ?     

« Olivier avale son chocolat d’un seul coup, bondit vers la porte et court attraper son bus. »

Cela ne va pas être possible, j’ai horreur du chocolat et du bus.

Je ne suis qu’un pantin désarticulé !

Le personnage se cogne sur un point d'exclamation !

« Olivier saute dans le bus, il se dirige vers le fond se jette sur la banquette ! »

Je cours, je saute, je trébuche et je    « OUILLE », mais qui a mis un point d’exclamation ici ? Je me suis cogné la tête dessus.

Sur un coup de tête !

Un renard qui plonge dans la neige

« Olivier décide de ne pas aller bosser, il descend du bus et prend la direction de la plage. Seul sur le sable, il retire ses vêtements et plonge nu dans les vagues. »

Oh là ! Pas si vite. Il n’est pas question que je me baigne à poil. Je ne suis ni un nudiste, ni un exhibitionniste ! Non, j’ai dit non ! A mon dieu qu’elle est froide. Il est début avril, pas étonnant que je sois seul sur la plage, surtout à huit heures et demi du matin. Je vais attraper la mort !

C’est pas terminé !

« Olivier sort de l’eau, heureux, il se sent totalement libre. Il s’approche de ses vêtements lorsqu’il prend conscience qu’il n’a pas de serviette ! Il se demande »

Je me demande quoi ? ET OH ! JE ME DEMANDE QUOI ? Mais il s’en va, il va me laisser tout nu sur cette plage. CA VA PAS LA TÊTE, JE SUIS LÀ ! C’est bien ma chance, d’être tombé sur un auteur qui n’a pas de suite dans les idées.

MORALITÉ DE CETTE HISTOIRE !
L'auteur qui s'en va et quitte son récit.

Cher ami auteur, chère amie autrice, je vous en supplie, pensez à vos personnages. Si vous devez précipitamment arrêter votre écriture, prenez le temps quoi qu’il arrive de finir votre phrase. Ne laissez pas votre personnage dans cette situation, vous risquez de le traumatiser pour la suite de votre roman. Merci pour lui.

QUAND LE LECTEUR INFLUENCE L’AUTEUR.

DUO PARFOIS DIFFICILE A GÉRER !

Rassurez-vous je ne vais pas aborder le thème de la Muse qui guide l’auteur au fil des mots. C’est un sujet beaucoup traité et souvent d’une très belle écriture poétique. Non, je vais aborder un point particulier et très concret.

Prenons comme exemple, si vous le voulez bien, le cas d’un auteur encore méconnu mais qui gagnerait à l’être, je vous l’assure : Moi !

J’ai décidé de mettre de côté ma modestie légendaire pour vous dévoiler mon côté obscur, mon côté auteur !

Comme de l’œuf et de la poule, je ne sais pas si j’ai commencé par être un lecteur ou un auteur, tant que j’ai l’impression d’avoir toujours écrit. Je souhaiterais aborder la période de ma vie ou j’ai pris la décision de me lancer dans l’écriture de romans. Lorsque pour la première fois, mon imagination me dictait une histoire, que mon esprit vagabondait de page en page, j’ai ressenti une chose curieuse et troublante. Mon inconscient, parfois très difficile à cerner, je l’admets, m’ordonna de ne pas ouvrir d’autres livres que celui que je tentais d’écrire. Mon Moi-auteur, n’hésitait pas une seconde à censurer mon Moi-lecteur. Mon Moi- lecteur en fut contrarié et tenta de se révolter, mais rien à faire, mon Moi-auteur resta inflexible et comme n’importe quel dictateur de base, ordonna que toute lecture sera totalement interdite jusqu’au moment ou mon Moi-auteur inscrira le mot Fin à son œuvre.

POURQUOI UNE TELLE CENSURE ?

En toute franchise, je ne comprenais pas pourquoi je m’interdisais de lire pendant la conception de mon propre livre. Trop heureux, je l’avoue de réaliser mon rêve : écrire un roman ! Que je décidais d’éviter le conflit intérieur et de ce fait j’ai accepté l’ordonnance de mon Moi auteur. Là aussi, si je veux être tout à fait franc avec vous, j’étais tellement absorbé par mon écriture que je ne ressentais pas l’envie de lire une autre histoire que la mienne. Lorsque j’ai fini mon roman, MON DERNIER VOL, j’ai abordé la phase de correction dans la foulée. J’ai connu une période de récupération, un peu comme celle que connaissent les astronautes après un voyage dans l’espace. Mon esprit et même mon corps avaient besoin d’un temps de réadaptation à la vie quotidienne. Lorsque celle-ci fût terminée, une envie presque vitale s’imposait : LIRE !

MON MOI-AUTEUR ET MON MOI-LECTEUR ONT FINI PAR S’AFFRONTER !

Très vite, une idée jusque là bien enfouie au chaud dans un coin de mon esprit, m’explosa en pleine figure un matin d’hiver ! Mon deuxième roman UN AUTRE MONDE venait de naître. J’ai repris le chemin des écoliers et les premiers mots se couchaient sur l’écran de mon ordinateur. J’organisais mes journées pour permettre à mon imagination de s’exprimer au mieux. Cependant lorsque j’ai commencé l’écriture de mon deuxième roman, j’étais en pleine lecture d’un roman qui me passionnait. Mon Moi-lecteur refusa catégoriquement d’abandonner sa lecture. Cette fois-ci, il prit le dessus et obtient gain de cause. Je naviguais entre lecture et écriture et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Où pas !

Très prolifique, j’écrivais plusieurs chapitres de mon roman lorsqu’un matin en arrivant devant mon ordinateur, mon Moi-auteur m’agrippa violemment pour m’obliger à relire ce que je venais d’écrire depuis quelques jours. Mon Moi-lecteur tenta de s’y opposer mais en vain. Devant l’insistance grandissante de mon Moi-auteur, je décidai de me relire. C’est ce jour-là que j’ai compris la signification de l’expression « se prendre une claque ».

Je découvrais avec effroi que les mots écrits sur ces pages ne m’appartenaient pas ! Ils n’étaient qu’une pâle imitation du roman que je lisais ! Mon Moi-auteur hurla qu’il m’avait prévenu que je devais m’interdire de lire pendant la conception de mon roman. Mon Moi-lecteur m’affirma que par la lecture, je pourrai enrichir mon vocabulaire, développer mon style, devenir un meilleur auteur. Ce conflit dura plusieurs jours et bien entendu je n’écrivais plus un mot et n’en lisais pas plus. Après une longue période de doute, j’ai réussi à me transformer en diplomate. J’ai réuni mes deux Moi e je leur ai fait part de mes conclusions.

  • Mes chers Moi, j’ai bien réfléchi et suis arrivé à la conclusion suivante. Vous avez tous les deux raisons ! Je dois me résoudre, à l’évidence, que je ne peux pas lire pendant que je crée au risque d’accoucher d’une vulgaire copie de ma lecture. Mais il est tout aussi vrai, que sans lecture, je ne pourrai pas évoluer en tant qu’auteur et en tant qu’homme tout simplement. J’ai donc décidé que vous êtes tous les deux indispensables à mon équilibre et à mon évolution. Afin que vous puissiez exister l’un et l’autre, vous interviendez l’un après l’autre. Ma décision est irrévocable !

Depuis ce jour, mes Moi-auteur et lecteur, cohabitent tant bien que mal. Ils doivent chacun leur tour savoir faire preuve de tolérance et d’une grande patience. Je suis conscient que cet équilibre peut sembler curieux et inhabituel, mais après tout le principal n’est-t-il pas de trouver son équilibre et d’accepter ses différences pour approcher le bonheur !

Et c’est très bien ainsi…